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Photo : Reebok CrossFit Louvre / French Invictus Team

En octobre 2012, à l’issue du Lowlands Throwdown, j’écrivais “CrossFit : We need more competitions” (CrossFit : on a besoin de plus de compétitions). Depuis, s’est déroulé le London Throwdown, et nous sommes en plein “French Throwdown“. Et plus que jamais, je crois en l’intérêt de ces compétitions dans le CrossFit. 

Aujourd’hui, lors du WOD #2 (9 minutes pour établir sa rep max au deadlift, au backsquat, puis au shoulder-to-overhead), j’ai établi 3 Personal Records (PR) ! Oh, ce ne sont pas des poids extraordinaires pour les vrais compétiteurs, celles et ceux qui visent la qualification pour la phase finale, et une place sur le podium. Mais pour moi, ce sont les 3 soulevés les plus lourds que je n’ai jamais faits. C’est la première fois que je soulève 190 kg du sol, que je squatte avec 135 kg sur les épaules et que je place 100 kg au-dessus de ma tête.

06Pour dire, ça fait près d’un an que j’essaie ce Jerk à 100 kg. Impossible. C’était certainement psychologique. Mais c’est ça qui est intéressant : lors d’une compétition, on aborde les wods différemment. Et c’est tout l’intérêt de ces compétitions. En les abordant différemment, avec la motivation en plus, on progresse !

Après le deadlift et le squat, j’ai assuré un jerk à 90 kg (je savais qu’il allait passer, c’était pour être sûr d’avoir un shoulder-to-overhead validé). Comme j’avais encore du temps, j’ai donc essayé à 95 kg. Raté ! Impossible d’étendre les bras. Et pourtant je sentais que ça me paraissait plus léger que d’habitude. Il devait rester entre 30 et 45 secondes, je me dis : “rien à perdre !” Autant tenter un dernier essai à 100 kg. Je charge. Mon juge à CrossFit 1815 me crie “10 secondes !” Pression au maximum !! Et BOUM ! Ce que je n’étais pas arrivé à faire en 1 an, je l’ai fait en 10 secondes !!

100 kg en Jerk, ce n’est pas tant que ça, donc cette histoire n’a pas beaucoup d’intérêt, sauf que pour moi, c’est le French Throwdown qui m’a permis de passer ce cap des 100 kg ! Et je remarque que ces compétitions sont pour beaucoup l’occasion de se dépasser, de sortir de sa zone de confort, d’accrocher définitivement au CrossFit, à sa méthode et à sa culture.

J’ai vu des débutants se lancer dans de telles compétitions comme un défi, comme on s’inscrit à un marathon pour se prouver quelque chose, avec comme seul objectif d’arriver au bout; j’ai vu des étudiants se filmer pour soumettre leur score, dans des salles non-appropriées, se voir refuser leur score et ré-essayer en corrigeant leurs mouvements; j’ai vu plein de personnes aller plus loin que dans les wods quotidiens, parce qu’il y a un enjeu, un classement, même si l’enjeu est d’occuper la 706 ème place et non la 707 ème…

Le French Throwdown ne fait que commencer, mais Reebok CrossFit Louvre qui l’organise à déjà fait un boulot formidable, en réunissant plus de 1200 athlètes, répartis sur 120 boxes affiliées, sur 10 pays. Sans parler de tous les athlètes qui postent des vidéos depuis leur garage, leur petit home gym bricolé. Parce que le CrossFit, c’est aussi ça : des gens qui ReebokCrossFitLouvreLogos’entraînent comme ils peuvent, avec un minimum de matériel. Même si je travaille actuellement avec deux salles (Reebok CrossFit Brussels et CrossFit 1815), et que j’ai donc la possibilité de m’entraîner dans les meilleures conditions qui soient, je n’oublie pas que j’ai commencé chez moi, avant qu’il y ait des salles près de chez moi, dans mon jardin, et dans une petite pièce que je m’étais aménagée. Ces compétitions permettent d’aller chercher ces gars et de les intégrer dans la communauté.

En tant que coachs CrossFit, ces compétitions sont également de belles opportunités de jouer un rôle de médiateurs entre ces deux types d’athlètes que l’on entraîne : monsieur-et-madame-tout-le-monde, qui souhaitent se remettre en forme, et les athlètes CrossFit de haut niveau, qui commencent à émerger au fil des compétitions. Les deux ne sont pas incompatibles : le fait qu’il y ait des stars dans le football n’empêche pas que tous les week-ends, des milliers de matchs aient lieu, avec des enfants et des adultes tout à fait amateurs. Même chose dans la plupart des sports. Maintenant, le CrossFit est un sport et ce double aspect en fait tout à fait partie. Le rôle des coachs est précisément d’être des médiateurs : attirer celles et ceux qui veulent devenir de futurs Froning ou Thorisdottir vers le haut niveau, et faire comprendre aux autres qu’il n’y a pas besoin de faire comme Froning et Thorisdottir pour bénéficier de tous les effets positifs du CrossFit, que l’on participe à ce genre de compétitions ou pas.

Maintenant, il reste le WOD #3 du French Throwdown. Et puis la final en juin, à Paris, qui s’annonce comme une belle fête de la communauté CrossFit !! Soyez dans le mouvement !