1h47 sur le semi-marathon de Bruxelles aujourd’hui ! C’est 10 minutes de mieux par rapport au dernier semi que j’ai fait à Bruxelles. Le défi que je m’étais lancé était de le faire en Vibram Five Fingers, avec le modèle Seeya, probablement le plus minimaliste des modèles Vibram…

Et c’est en fait la seule différence par rapport à la fois précédente, où je courais en chaussures de running “classiques” on va dire. Bien sûr, ce n’est pas les Five Fingers en soi qui font qu’on court plus vite, mais ça amène à travailler sa technique de course à pied, à avoir une course plus naturelle, moins choquante pour les articulations et l’ensemble du corps. Du coup, la course est plus aisée, et sans entraînement spécifique supplémentaire en endurance, on peut clairement améliorer son temps.

Mais qu’est-ce qu’une chaussure “minimaliste” ?

Une chaussure est dite “minimaliste” si l’écart d’épaisseur entre l’avant et le talon de la chaussure est inférieur à 4mm, c’est-à-dire qu’on court donc “à plat”. Les chaussures minimalistes ont également une semelle très fine et très souple, qui maximise la sensation du sol.

Mais pourquoi ? On a cru pendant longtemps que plus on rajoutait de l’amorti dans les chaussures, plus on préservait les articulations. Il n’en était rien. En fait, en rajoutant toujours plus d’amorti (avec des bulles d’air, etc.), on amenait les coureurs à poser d’abord le talon au sol.

Le pied n’est pourtant pas conçu pour frapper le sol avec le talon. Au contraire, c’est l’avant du pied qui doit toucher, en premier lieu, le sol. La voûte plantaire fait son office et amorti le choc. En architecture comme dans notre pied, une voûte est une structure qui permet de supporter une charge importante. Leonard de Vinci disait d’ailleurs “The human foot is a work of art and a masterpiece of engineering” (le pied humain est un chef-d’œuvre d’ingénierie). Résultat : en posant l’avant du pied d’abord, le stress sur les articulations est fortement réduit.

Parce qu’il est évident qu’on n’a pas attendu les années 70 et l’émergence des marques de sport, pour se mettre à courir. Durant des millions d’années, on a couru, la plupart du temps, pieds nus. Et dans certaines parties du monde, on court d’ailleurs toujours pieds nus, ou avec un amorti très réduit.

Parmi les plus connus : les Tarahumara ou “Indiens Raramuri” dans les Copper Canyons de l’état de Chihuahua, au Mexique. Ces indiens pourraient être les meilleurs coureurs du monde, vu les distances qu’ils parcourent (jusqu’à plus de 100 kilomètres !). C’est Christopher McDougall, un journaliste américain, qui fit connaître les indiens Tarahumara au monde entier, avec son best-seller “Born to Run“. Le fil conducteur du livre de McDougall raconte l’organisation d’un ultra-marathon dans la Sierra Madre, au Mexique, où vivent les Tarahumara. Ces indiens ont comme tradition de courir sur de très longues distances. Pourtant, ils courent en sandales, attachées à la cheville avec quelques lanières. C’est cette particularité qui amène McDougall à remettre en question toute l’industrie de la chaussure de course et de conclure que la course pieds nus, ou au moins avec des chaussures à l’amorti limité, produit une foulée plus naturelle, en posant la pointe du pied en premier.

Mc Dougall se base sur la célèbre étude de Daniel Lieberman, de Harvard (“Foot strike patterns and collision forces in habitually barefoot versus shod runners“, publié dans Nature), qui montrait que courir sur l’avant du pied diminuait grandement les chocs dans les articulations.

Mais à côté des indiens Tarahumara, on pourrait également citer Abede Bikila, le coureur éthiopien, qui remporta l’épreuve du marathon, aux Jeux olympiques de Rome, avec un record du monde (2 h 15 min 16 s)… et cela pieds nus !

Bikila, c’est aujourd’hui le nom d’un modèle de chaussures très minimalistes : les Vibram Five Fingers. Ce sont des espèces de gants pour les pieds, avec une place pour chaque orteil ! Ce n’est pas la seule marque “minimaliste”, mais c’est certainement celle qui se rapproche le plus de la course pieds nus.

Les “SEEYA” : une seconde peau

Et parmi les modèles de Vibram Five Fingers, le modèle “Seeya” est certainement le plus minimaliste. La semelle est majoritairement une fine membrane de caoutchouc souple, renforcée à quelques endroits par des parties plus épaisses. Mais la sensation est très proche de la course pieds nus.

J’ai toujours eu l’impression que les Seeya formaient comme une seconde peau, qu’on finit très vite par oublier. Un simple velcro les maintient bien aux pieds.

Par rapport aux autres modèles, elles sont nettement plus légères (136 gr par chaussure !) et très aérées… ce qui est très agréable et rajoute encore à l’impression de seconde peau. Ce sont vraiment d’excellentes chaussures minimalistes de route, même si j’ai déjà souvent couru avec en pleine nature.

Si vous voulez avoir l’impression de courir réellement pieds nus, mais tout en vous protégeant des petites aspérités et crasses du sol en ville, les Seeya sont le modèle qu’il vous faut !

Alors, comment courir en Vibram Five Fingers, ou autre chaussure « minimaliste » ?

  • Posez d’abord les “balls of the foot”, c’est-à-dire ces petits coussinets rembourrés juste à la base des orteils.
  • Gardez les pieds sous le corps. Pas besoin d’envoyer le pied loin devant ou d’étirer la jambe loin derrière. Cela implique de faire des pas légèrement plus petits qu’avec d’autres chaussures.
  • Gardez une course légère. Pour cela, fiez-vous au bruit, vous ne devez pas faire de bruit en courant.
  • Utilisez tous vos sens : regardez et sentez où vous posez le pied. Ce n’est pas qu’un conseil de bon sens pour ne pas se blesser. Il s’agit réellement de favoriser les relations entre la vue, le toucher et la position du corps dans l’espace. Rien que cela en soit permet déjà d’éviter de nombreuses blessures (avec des chaussures rembourrées, on court n’importe comme, sans regarder où on pose le pied… et parfois : Crac ! Ou Badaboum ! Une bordure, un égoût, etc.)
  • Ne commencez pas directement avec une course pieds nus sur 10 km. Allez-y progressivement, parce que les années à courir en chaussures avec de l’amorti ont atrophié certains de vos muscles. Vous allez également sentir la différence dans les mollets ! Commencez donc avec 1 seul kilomètre, en vous focalisant sur le technique de course. Puis 2,5 km, puis 5 km, 10 km, etc…

Un des importateurs de Vibram Five Fingers en Belgique est la société Five-On qui, en plus de vendre tous les modèles, organise des séance de découverte et d’initiation aux Vibram Five Fingers et à la course pieds nus, dans des salles de sport, lors d’événements, etc. N’hésitez surtout pas à les contacter !

Bonne course !