A CrossFit Brussels, au fond de la salle, s’entraîne sagement – mais durement – celui qui a réalisé les meilleurs temps de la demi-finale du Reebok CrossFit Fitness Championship. Matthieu Montès n’a pas un passé sportif de haut niveau. Il est pourtant impressionnant dès qu’on le voit pratiquer, que ce soit en compétition, ou à l’entraînement. Avec le même calme, il enchaîne les reps. Comme une machine… A une semaine de la finale, il se plie au questionnaire “Athlètes #RCFFC” pour SportisEverywhere.com

1. Quel est ton parcours sportif et comment as-tu découvert le CrossFit ?

Mon parcours sportif se résume assez rapidement car, petit, je ne faisais pas de sport, je préférais jouer avec mes amis ou sur une console de jeu, mes parents ont tenté de m’intéresser au sport en m’inscrivant à plusieurs clubs sportifs mais je n’y restais pas plus de quelques mois. Vers 15 ans, je me suis intéressé au basket-ball et j’en faisais 2-3 fois par semaine en bavant sur les monstres américains … Voici l’apogée de mon adolescence, les études et l’informatique ont eu raison de moi. Je me suis décidé à reprendre le basket à l’université vers 22 ans et à la grâce d’une visite médicale pour un certificat d’aptitude, le médecin m’a annoncé, avec un peu de doute, qu’en plus d’un léger surpoids, j’avais peut être un “souffle au cœur” (aujourd’hui, plus rien à signaler) … Mince ! A partir de ce moment, je me suis dit : “prends toi en main” et “ne va plus voir de médecins, ils n’ont que des mauvaises nouvelles”😉

Matthieu Montès (en bleu), vainqueur du Rob Orlando Challenge, à CrossFit Brussels, avril 2012

Dès lors, la grande majorité de mon évolution s’est faite seul, sans contrainte extérieure, et motivée par mes choix. J’ai essayé un peu de musculation à l’université, puis la lecture d’ouvrages sur les méthodes d’entraînement de Bruce Lee, puis à poids de corps, la musculation classique, les boxeurs m’ont de plus en plus ouvert les yeux. Avec ce nouvel “élan”, je me suis inscrit dans un club d’athlétisme, j’ai encore élargi ma vision de l’entraînement, la CAP, la PPG et au fil de mes divagations sur Internet, je suis tombé sur le Crossfit, que j’ai intégré par intermittence, dans mes “grosses” semaines d’entraînement, sur la piste d’athlétisme, puis dans une salle de fitness (étrange regards des autres pratiquants). Puis la salle de CrossFit Brussels s’est ouverte, j’étais comme un enfant avec la promesse d’un beau jouet à Noël !

J’ai dû attendre son ouverture, puis un changement d’emploi pour me retrouver “à portée” de la salle, depuis décembre 2011, je m’y rends au moins 2 fois par semaine, et quel que soit le WOD, je m’y sens bien.

2. Qu’as-tu pensé des qualifications et des demi-finales pour le Reebok CrossFit Fitness Championship ?

Je n’ai pu assister à aucune session de qualification, j’avais donc abandonné l’idée de participer à cet évènement mais lors de la dernière semaine, les juges officiels Reebok nous ont donné l’opportunité de soumettre un score (merci à Richard Vanmeerbeek), j’ai essayé le WOD le vendredi 20 avril et envoyé mon score dans la foulée, validé par le juge. Un peu de précipitation dans ma qualification …

Mais les demi-finales : quel plaisir que de se retrouver dans ce stade entouré de 59 autres pratiquants qui sont venus pour la même chose et avec le même état d’esprit ! J’ai pu apprécier de belles prestations masculines et féminines avec le Parc des Princes en toile de fond. Sueur et disques qui tapent au sol, voilà un univers qui me plaît. Et ces gradins remplis ! Le changement avec l’isolement des séances d’entraînement est bluffant. Mais là encore, durant les 2 WODs, malgré la difficulté et la fatigue, je me sentais bien, à ma place. J’avoue que pour une première organisation, les choses ont été parfaites malgré quelques petits détails mais qui sont bien vite effacés par le plaisir de cette journée.

Journée que je n’ai pas vécu en intégralité, je sais que c’est mal et pas dans l’esprit “Crossfit”, mais peu de temps après la fin de ma “série”, je me suis enfui pour faire le tour des pâtissiers parisiens de renom (je suis Paléo à 90% et après tout ça, j’avais bien le droit à un petit plaisir).

3. Comment prépares-tu la finale du 16 juin à Paris ?

J’ai, depuis plusieurs semaines, établi mon plan d’entraînement hebdomadaire, je ne l’ai pas changé pour cette échéance, j’y ai intégré les Skills à connaître pour la finale. Je m’entraîne selon le schéma 3-1-2-1, en intégrant des mouvements d’haltérophilie 3 fois par semaine. Et j’ai la chance de pouvoir m’entraîner avec 3 autres finalistes : Damiano Conici, Arben Leci et Sebastien Ferket, et quand je vois leurs séances d’entraînement et leur évolution, je rêve de les voir sur un podium 100% belge !