Héléna Rodrigues avait déjà eu la gentillesse de répondre aux questions de SportisEverywhere.com. C’est effectivement elle qui avait répondu à l’interview des CrossFit Addicts 77. L’article était intitulé “la passion du CrossFit“. C’est la même passion qu’on retrouve ici lorsqu’elle présente son parcours et surtout ses objectifs dans le cadre du Reebok CrossFit Fitness Championship…

1. Quel est ton parcours sportif et comment as-tu découvert le CrossFit ?

Houlala ! J’ai commencé ma « carrière sportive » à l’âge de 4 ans en faisant de la danse moderne-jazz au conservatoire et ce pendant près de 15 ans, j’ai également pratiqué durant mon enfance de la natation durant près de 4 ans.

A l’âge de 11 ans, j’ai commencé l’athlétisme avec l’équipe de mon collège et ce durant 3 ans. Ce sport pratiqué en compétition, m’a permis de me classer 2ème départementale, mais l’ambiance qui régnait dans ce sport me l’a vite rendu détestable, j’ai donc décidé d’arrêter et de me tourner vers autre chose. J’ai donc intégré l’équipe de volley-ball de mon lycée qui évoluait également en compétition, après deux ans de volley au cours d’un échauffement pour une compétition, en faisant un « mur », je me suis mal réceptionnée et me suis tordu la cheville.

CrossFit Addicts 77

Devant aller skier la semaine suivante, j’ai refusé d’être plâtrée pour soigner cette blessure, j’ai donc soigné cette dernière au « strapping «  et suis quand même allée skier. Grosse erreur (et oui la jeunesse fait faire des bêtises) de ma part car depuis cette période, je n’ai jamais retrouvé la motricité nécessaire pour continuer le sport à plus haut niveau. J’ai donc arrêté la danse et le volley.

Les choses de la vie avançant, j’ai fait mes études, rencontré mon mari, trouvé du travail, je continuais à courir pratiquement tous les jours pendant quelques temps, puis comme beaucoup de monde, je suis rentrée dans le train-train de la vie et j’ai arrêté le sport.

En Septembre 2008, mon mari (qui est militaire) est parti en mission 4 mois, son absence m’a fait réaliser que j’avais du temps pour moi, je me suis donc inscrite dans une salle dite « traditionnelle » avec cours de stretching, body pump, etc… J’ai tenu près de 8 mois faute de mieux. Je m’y ennuyais. Et surtout, je n’avançais pas, je n’y trouvais aucun épanouissement.

En septembre 2009, je ne m’y suis pas réinscrite et j’ai commencé à rechercher un sport qui pourrait mieux me convenir. A force de recherche, début décembre, j’ai trouvé la salle de crossfit France à Villeparisis, j’ai appelé pour prendre des renseignements, suite à cela on m’a invité à me rendre sur place pour mieux me rendre compte. J’avoue, j’ai laissé traîner !

Et puis le 28 décembre 2009, je me suis réveillée, j’ai eu un déclic, j’étais mal dans ma peau et je me suis rendue compte que j’avais un manque de sport terrible, je suis donc allée à la salle le matin même, pour prendre plus de renseignements : j’ai fait la séance d’initiation le jour même et me suis abonnée dans la foulée.

Depuis je n’ai pas décroché, je suis devenue une accro. Comme beaucoup de crossfiteurs, je m’entraîne sur la base 5 jours entraînements / 2 jours off et me voilà aujourd’hui !

2. Qu’as-tu pensé des qualifications et des demi-finales pour le Reebok CrossFit Fitness Championship ?

Pour ce qui est des qualifications, tout comme tu le sais, je suis venue les passer chez toi à Bruxelles, n’étant pas en France lors du salon du fitness. J’ai contacté Daniel de chez Reebok qui m’a indiqué pouvoir passer les qualifications mais avec un juge certifié, je me suis donc rapproché de vous pour savoir s’il était possible de les passer chez vous en Belgique. Nous avons eu un super accueil de votre part et avons adoré vous rencontrer.

Je n’avais pas pour objectif de me qualifier mais simplement de savoir où je me situais dans la moyenne nationale. J’avais pour objectif 7 tours. Une fois mon objectif atteint, j’y suis allée « molo ».

Je ne suis pas très compétitrice. Ne connaissant pas la compétition dans le monde du crossfit, je m’en faisais une image aussi négative que celle que j’avais connue dans ma jeunesse.

Puis il y a eu la demi-finale, j’ai trouvé cette journée géniale, l’ambiance et l’esprit qui y régnaient étaient vraiment super. J’y suis allée sans croire que je pourrais être qualifiée, mais poussée par mon équipe, j’ai donné un max.

Ce que j’ai apprécié et découvert au cours de cette demi-finale, c’est le fair-play des autres crossfiteurs, tout le monde se donnait des conseils, s’encourageait, il n’y avait pas de mauvais esprit. Du moins je n’ai pas ressenti cela.

Ce que je regrette ; comment dire, je pense que, nous, les petits crossfiteurs, nous avons été un peu les oubliés de cette compétition. Ce que je veux dire par là, c’est qu’au cours de cette journée il y en beaucoup eu pour les « grosse » team et les organisateurs ont juste eu un peu tendance à oublier tous ces crossfiteurs qui pratiquent ce sport seul, sans structures, sans aides, alors qu’ils ont à mon sens bien plus de mérite pour en être arrivés là.

D’autre part, je tiens à tirer également mon chapeau aux différents juges dont tu faisais partie qui n’ont pas hésité à nous conseiller et nous ménager pour que l’on puisse donner le meilleur de nous-mêmes (un petit clin d’œil à Will qui a été parfait).

3. Comment prépares-tu la finale du 16 juin à Paris ?

Alors c’est quelque peu difficile de préparer ce type d’événement quand tu as mon emploi du temps, et je pense que c’est le cas pour bon nombre de crossfiteurs qualifiés pour cette finale. Je me lève chaque matin à 6h, je vais travailler et ce jusqu’à 19h-19h30, après 19h30 je vais aux entraînements.

Sachant que nous avons maintenant notre association « crossfitAddicts77 » et ce depuis le 13 avril et qu’il faut aussi s’occuper de tout pour que l’association fonctionne. Nous tournons avec le président de l’association, Thierry, pour les entraînements car il est difficile durant les WOD de n’avoir personne pour corriger les mouvements. Du coup, pendant cette période de préparation, Thierry s’occupe des entraînements et pour ma part je fais les WODS avec les autres crossfiteurs en y ajoutant de la difficulté. A la fin de chaque WOD, on analyse ce qui ne va pas, on travaille un peu la technique, histoire d’éviter le ridicule le 16 juin.

Quand c’est possible le week-end, je travaille les mouvements que je ne maîtrise pas comme les pompes. Je me suis aperçue au cours des demi-finales que l’on m’a laissé faire des pompes pendant 2 ans qui n’étaient pas bonnes. Ca a été un petit choc pour moi, du coup nous avons revu tous les mouvements de base type pompes, burpees, squats…

Je ne pousse pas sur les entraînements car la fatigue n’aidera pas le jour J. Nous accentuons notre travail sur la force car malheuresement c’est ce qui nous a manqué à la salle.

Je pense pour ma part que le crossfit, c’est du muscle mais aussi beaucoup de mental, il est donc vrai que je travaille également beaucoup sur la concentration et le dépassement de moi-même.

Après mon but n’est pas d’arriver première, mon but est de donner une bonne image de ce sport, et de notre association car en allant en finale, ce n’est pas moi que je compte représenter mais les crossfitAddicts77.

La plus grande récompense que je puisse gagner dans cette finale, c’est de représenter au mieux notre association et je suis sûre qu’avec mes 3 co-équipières Léa, Amandine et Caroline nous y parviendrons. Néanmoins, je ne cache pas que je suis hyper fière de pouvoir faire partie de cette grande aventure qui a lieu pour la première fois en France et je souhaite vraiment, dans l’absolu, que l’on puisse continuer et que le crossfit en France puisse être reconnu à sa juste valeur.