NUTRITION

“Obésogène”, dites- vous, l’environnement ?

L.D.

Mis en ligne le 02/12/2009

Contrer la progression de l’obésité infantile et du risque cardiovasculaire. Telle est la mission du programme Viasano, qui agit à l’échelon local.

Quel est le point commun entre : un cross pour des enfants de primaire, la distribution de pommes chez le boulanger ou encore une balade familiale avec animations autour de l’alimentation saine ? Il s’agit là de trois exemples d’actions récemment menées dans les villes Viasano. Lancé en janvier 2007 dans les deux localités pilotes de Mouscron et Hasselt, ce programme, aujourd’hui étendu à 15 villes ou communes, s’est donné pour mission d’agir en faveur d’un mode de vie sain, avec une alimentation équilibrée et une activité physique suffisante. Rien de bien original, pourrait-on penser à première vue, si ce n’est que l’approche privilégiée pour atteindre cet objectif est particulière dans la mesure où les actions sont organisées à l’échelon local. Le principe consiste en effet à créer une dynamique de groupe dans la ville en impliquant tous les acteurs locaux : enseignants, professionnels de santé, réseau associatif, commerçants, centres sportifs, entreprises A eux de proposer à la population “des actions concrètes, de proximité, inscrites dans la durée, qui visent à modifier progressivement et en profondeur les comportements relatifs à l’alimentation et l’activité physique”, selon le programme Viasano, basé sur un partenariat public-privé.

L’état des lieux, il est connu : en Belgique, selon l’Enquête de Santé publique de 2004, 44 % de la population adulte sont en surcharge pondérale, dont 13 % souffrent d’obésité. Particulièrement préoccupante, la situation chez les enfants fait apparaître que, selon l’âge et les régions, de 11 à près de 20 % des enfants sont en excès de poids. Galopante, l’obésité infantile ne cesse de croître d’année en année.

Face à ce constat bien connu, circulent les messages tout aussi notoires : il faut manger mieux et moins, bouger plus. Mais, “on sait que le savoir ne suffit pas, souligne Viasano, si on sait bien ce qu’il faut faire, on ne fait pas nécessairement ce qu’il faut.” Aussi cette initiative affiche-t-elle clairement sa volonté d’aller au-delà du savoir, de la connaissance et vise-t-elle à changer les comportements, les mentalités pour adopter un style de vie plus sain. Pour ce faire, Viasano met donc en place des actions à l’échelon local, sur le terrain et va à la rencontre des personnes dans leur vécu quotidien. Que ce soit à l’école, au travail ou lors des loisirs, elle encourage les actions de proximité qui mobilisent l’ensemble de la collectivité.

Globale, l’approche de Viasano est centrée sur l’individu, son mode de vie mais également son environnement. Car si le phénomène de l’obésité reste en partie lié aux comportements individuels, le rôle de l’environnement qualifié d’”obésogène” est de plus en plus souvent mis en cause. Sans espérer un retour subit en arrière, “pour l’heure, il importe avant tout d’apprivoiser au mieux cet environnement, d’aider enfants et adultes à évoluer dans leur environnement, dans un sens qui soit favorable à leur santé”, selon Viasano, mais aussi de tenir compte des découvertes scientifiques récentes. Ainsi l’existence d’une relation inverse entre le temps de sommeil et l’obésité ou encore le fait que la graisse abdominale produit une hormone qui stimule la prise de nourriture et augmente le nombre de cellules graisseuses, favorisant de la sorte le stockage des graisses.

Spécifiquement centrée sur la prévention de l’obésité infantile et le risque cardiovasculaire chez l’adulte, l’approche Viasano joue donc la carte de la synergie entre comportement individuel et environnement centrée sur la famille dans la ville, tout en s’appuyant sur les découvertes scientifiques récemment mises à jour.

Rens. : Viasano, équipe de coordination nationale, Protéines, 109-111, rue Royale à 1000 Bruxelles. tél. : 02/210 44 81. Site : www.viasano.be

Source : La Libre Belgique, http://www.lalibre.be/societe/sciences-sante/article/546517/obesogene-dites-vous-l-environnement.html